REIMS 51100 Marne 51

    Pourquoi certaines limitations de vitesse nous paraissent-elles ahurissantes ?

    " Pourquoi ont-ils descendu la limitation de vitesse à cet endroit ? "

    limitationVoilà une bonne question que certains d’entre vous peuvent se poser à certaines occasions. En dehors des radars et de l’espèce de psychose qui plane sur les contrôles automatisés, il peut être difficile de comprendre les raisons sécuritaires liées aux limitations de vitesse. *Surtout sur cette belle route toute droite qu’on prend tous les jours. *

    Dans un accident de la route, un certain nombre de composantes entrent en ligne de compte. Ces composantes se répartissent en trois grandes catégories : l’erreur humaine, la défaillance technique du véhicule, et l’environnement.

    Bien souvent, les causes de l’accident sont principalement dues à des facteurs humains, parfois techniques. Nous avons une prise sur ces facteurs et nous pouvons agir dessus pour réduire le risque, mais ce n’est pas le cas de l’environnement. La raison d’être des limitations de vitesse serait donc de donner des indications aux conducteurs pour leur éviter de se faire surprendre par l’environnement.

    Limitations sur les belles routes, dégagées et droite.

    Imaginez-vous la route idéale sur laquelle vous aimeriez circuler.

    Il y a de fortes chances pour que ce soit une belle route, bien entretenue, avec une bonne visibilité, déserte si possible et pas trop de virages dangereux. Sur cette route, qui ne présente objectivement aucun risque, vous ne comprenez pas la limitation de vitesse : trop basse par rapport à la qualité de la route. Vous commencez alors à penser que les radars sont placés non pas aux endroits les plus dangereux, mais aux endroits les plus « rentables ».

    Soyons clairs. Je n’entends pas entrer dans le débat qui tourne autour des radars, là n’est pas le sujet. Par contre, la belle route que je viens de vous décrire est bien loin d’être la route sûre que vous imaginez. Si, objectivement, cette route rassemble effectivement un ensemble de facteurs favorables à la conduite, c’est précisément cette apparente sécurité qui la rend dangereuse.

    Le saviez-vous ? 75% des accidents mortels se produisent sur des lignes droites. Le type de tracé qui présente le moins de risque d’accident mortel serait le virage en « S » (2% des accidents mortels recensés).

     « Les routes les plus rassurantes sont les plus dangereuses ». Une route qui met en confiance peut faire baisser le niveau de vigilance d’un automobiliste et réduire sa conscience du danger. Le compteur monte au fur et à mesure que l’automobiliste s’oublie sur l’accélérateur, jusqu’à atteindre une vitesse objectivement dangereuse et inadaptée, même pour une belle route.

    Le conducteur adapte son niveau d’attention au risque qu’il perçoit. Si le risque perçu est faible, le conducteur se laissera distraire : manipulation de la radio / GPS, téléphone, etc… D’autre part, plus la vitesse est élevée, plus la conduite est fatigante pour notre cerveau, qui doit traiter un grand nombre d’informations plus rapidement.

    Du coup, de façon naturelle, nous passons inconsciemment en mode « pilote automatique » pour éviter une surcharge mentale et économiser notre énergie.

    Voilà donc ce qui justifie les limitations de vitesse sur ces routes qui vous paraissent sans danger. En imposant une réduction de vitesse à l’automobiliste, on réduit le risque d’accident, très élevé sur ce type de routes.

    La limitation de vitesse est modifiée du jour au lendemain sans raison

    L’environnement évolue sans cesse et de nouvelles menaces peuvent apparaître du jour au lendemain sans même que l’on s’en rende compte. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet : aux abords d’un village, non loin de Reims, une route était limitée à 70km/h et formait un petit virage avec assez peu de visibilité.

    Aux abords de ce virage, la limitation de vitesse est tout à coup passée à 50km/h. Les habitants ne comprenaient pas cette limitation. Avant d’accepter de lever le pied, ils n’avaient pas remarqué que, dans ce virage, une sortie de propriété avait récemment été installée. En roulant à 70km/h, personne n’avait remarqué cette sortie, ce qui était bien entendu problématique et dangereux. Ce n’est qu’en ralentissant, et en passant sous la barre des 50, que le danger a été vu et perçu.

    Le saviez-vous ? La vitesse réduit notre champ de perception. Plus nous roulons vite, moins nous analysons l’environnement : notre champ visuel est alors plus étroit.

    Autre exemple : en périphérie d’une grande ville cette fois-ci. La route était limitée à 90km/h. A un endroit, cette route monte avant de redescendre, de sorte que ce n’est qu’en arrivant au sommet de la pente que l’on découvre ce qui se cache derrière. Un jour, une voiture était en panne de l’autre côté, et un accident est survenu. La voiture de derrière arrivait à 90km/h et n’a pas eu le temps de freiner pour éviter le véhicule en panne.

    Cet accident n’était pas causé par une faute du conducteur, il roulait à la vitesse maximale autorisée et dans le respect des règles. D’autre part, son véhicule n’était pas défectueux. Bien que l’anticipation et le bon sens auraient pu pousser ce conducteur à ralentir à cause du manque de visibilité, il fallait corriger le facteur environnement : cause principale de l’accident. La vitesse maximale autorisée était trop élevée à cet endroit et ne permettait pas au conducteur de réagir assez vite en cas de danger au sommet de la pente.

    Ainsi, les limitations de vitesse permettent de nous préserver des aléas de l’environnement, mais aussi de nous préserver de nous-mêmes sur des routes où nous serions tentés d’aller plus vite que raison. Si une limitation de vitesse vous paraît ahurissante, ralentissez et ouvrez l’œil. Vous découvrirez sûrement la cause de cette signalétique : école à proximité, priorité, visibilité compromise, route abîmée…

    Bien souvent, vous vous rendrez compte qu’avec un peu de recul ce sont les limitations qui nous paraissent les plus injustifiées qui sont en fait les plus pertinente et utiles. En effet, le simple fait de penser que la vitesse maximale autorisée est trop basse signifie que vous n’êtes pas conscient d’un danger auquel vous n’avez pas encore été confronté ! Ce genre de choses n’arrive pas qu’aux autres.

    " Ce sont les limitations qui nous paraissent les plus injustifiées qui sont en fait les plus pertinente et utiles."

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